TECHNOLOGIES ET INNOVATIONS HOSPITALIÈRES • octobre 2014

Robot Unidose à l’officine, une garantie de traçabilité équivalente à la pharmacie hospitalière

Il y a trois ans, afin de répondre à la demande des maisons de retraite clientes, Nicolas Rey, également président du syndicat des pharmaciens de la Drôme, a équipé son officine de Cléon d’Andran (Drôme) d’un robot de préparation de doses administrées du fabricant Mach4. Cette solution permet une traçabilité du médicament en unidose, à l’image de ce que font depuis longtemps les pharmacies hospitalières.

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Nicolas Rey, co-associé à la Pharmacie de
Cléon d’Andran (Drôme) et président du syndicat
des pharmaciens de la Drôme.

De plus en plus de maisons de retraite sont intéressées par une solution de traçabilité des médicaments qu’elles délivrent à leurs patients, à l’image de ce que font les pharmacies hospitalières. Comme l’explique Nicolas Rey, « pour les maisons de retraite qui pratiquent la dispensation en unidose, l’investissement dans un robot de préparation de doses administrées – autour de 100 000 euros – n’est généralement pas envisageable ».

L’officine qui préparait déjà des sachets à l’ancienne, dans un sac, avec le nom du patient, pour plusieurs maisons de retraite de la région a voulu proposer aux EHPAD une solution automatisée qui limite les risques et offre une traçabilité totale de délivrance. « Sauf pour les médicaments qu’on ne peut pas mélanger ou qu’on ne peut pas ouvrir, le robot prépare les sachets de chaque patient pour chaque jour de la semaine », a-t-il ajouté.
À part le déconditionnement et le remplissage, et certains ajustements de traitement demandés par les médecins,
il n’y a plus de manipulation. Néanmoins, Nicolas Rey insiste sur le fait que cette activité mobilise des postes à plein temps et représente un supplément de travail important pour l’officine. « Nous avons une pièce de 50 m2 uniquement dédiée à cette activité.
La machine en elle-même ne prend pas beaucoup de place, mais il ne faut pas oublier la gestion du flux de médicaments. C’est proche de ce qui se fait en pharmacie hospitalière », précise-t-il. Le pharmacien a même investi dans un sas pressurisé pour déconditionner les médicaments en toute sécurité.
L’officine prend aussi en charge la livraison des sachets jusqu’à l’infirmerie de la maison de retraite. Mis à part le gain de temps pour les établissements, le vrai plus est la traçabilité de la dispensation du médicament aux résidents. « Souvent, les maisons de retraite n’effectuaient aucun suivi, ou des suivis sur papier avec les limitations que l’on peut imaginer. Le robot offre une vraie traçabilité informatisée de chaque distribution. On conserve l’historique complet, on connaît le numéro du lot, la date de péremption.
Le risque d’erreur dans la préparation du pilulier et dans la distribution du médicament au patient est nul ». Pour l’instant, les systèmes informatiques de l’officine et des EHPAD ne sont pas connectés, mais le logiciel du robot permet au personnel soignant des établissements de délivrer les médicaments avec une tablette tactile.
Aujourd’hui, trois ans après, le retour sur investissement n’est toujours pas acquis. « Pour rentabiliser ce type de robot, il faut un minimum de 350 lits, et seulement à partir de 500 lits, on commence à dégager des bénéfices », a déclaré le pharmacien qui conseille d’évaluer précisément le volume du marché avant de programmer une acquisition. Nicolas Rey avait un robot de back-office de Mach4 et voulait un ensemble cohérent avec un seul interlocuteur et un seul technicien de maintenance.
« Si l’on doit installer un robot back-office et un robot de préparation de doses administrées, la solution de Mach4 est un bon choix, et l’interface est plutôt bien construite ».