DSIH • mai 2015

Circuit du médicament

L’institut Paoli-Calmettes « sur les rails » de la robotisation

Pas à pas, l’institut Paoli-Calmettes fait son chemin vers l’automatisation de son circuit du médicament, accompagné par l’expertise de la société MACH4.
Rencontre avec Emmanuelle Fougereau, pharmacienne.

 

Emmanuelle Fougereau, pharmacienne

En 2010, vous vous équipiez d’une armoire de garde MACH4 ; fin 2014 d’un robot.
Et vous envisagez de monter encore en puissance.
Nous nous sommes équipés d’une armoire de garde en même temps qu’étaient mises en place les astreintes des pharmaciens. Il s’agissait de permettre aux cadres de garde l’accès à certains médicaments, les plus couramment utilisés en urgence, de manière sécurisée. Mais, en effet, notre objectif à terme est d’équiper les unités de soins
de ces armoires de manière à permettre aux soignants de prélever le traitement des patients, directement via la prescription, sans ressaisie ni risque d’erreur.

Comment cela fonctionnera-t-il ?
Aujourd’hui déjà, le robot sécurise une grande partie du circuit des médicaments. Ils sont stockés dans un espace optimisé et sécurisé. Le code Datamatrix présent sur chaque boîte assure leur traçabilité. Avec la généralisation des armoires, nous irons encore plus loin. L’état du stock sera géré en temps réel. Il sera alors possible d’automatiser la préparation des caisses de réassortiment. Les préparateurs en pharmacie n’auront plus qu’à les livrer, une fois prêtes, aux unités de soins.

Quels sont les avantages de ce process ?
Ils sont nombreux. D’abord, ce ne seront plus les infirmiers, mais les préparateurs en pharmacie qui feront le réapprovisionnement et le rangement des médicaments. C’est un plus pour la sécurité. Ensuite, du lien sera réintroduit entre la pharmacie et les équipes soignantes. Cette nouvelle organisation nous permettra de dégager du temps humain pour travailler ensemble, différemment. Déjà, je me félicite des nombreuses fonctionnalités du robot. L’inventaire est rapide, le stock constamment mis à jour, et on peut le comparer, via l’interface, à notre stock informatique. Plus de risques de rupture ! Nous gérons également mieux les péremptions puisque le robot utilise les médicaments par ordre de péremption. Et, chaque fin de mois, il retire les médicaments périmés des armoires. C’est simple et rapide.

Cette organisation nécessite le développement d’une interface spécifique…
En effet, c’était même un prérequis au projet. Il fallait mettre en relation le robot avec le logiciel de gestion de stock et le logiciel de prescription. Il existe des logiciels d’interfaçage, mais MACH4 a préféré développer le sien, ce qui a certainement permis de répondre au plus près de nos attentes et plus rapidement. Nos équipes DSIO ont donc travaillé avec les différents éditeurs, et MACH4 dans une version 1 nous a été fournie en octobre avec le robot. Depuis, nous continuons à l’améliorer dans les détails, même si l’interface est déjà particulièrement ergonomique. On fait glisser les fichiers d’un endroit à l’autre : c’est pratique et visuel.

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?
Maintenant que l’interface avec le robot est en cours de finalisation, MACH4 va développer celle entre la prescription et l’armoire sécurisée. Nous pourrons le tester à partir de notre armoire de garde avec l’objectif de nous équiper progressivement, dès 2016, des armoires dédiées aux unités de soins.

Propos recueillis par Delphine Guilgot

 

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Ralph Meyer, directeur du développement de MACH4 Pharma Systems

C’est le logiciel d’interface développé par MACH4 pour répondre aux besoins d’interopérabilité des matériels et logiciels intervenant dans le circuit du médicament hospitalier.
« Nous disposions déjà d’une plateforme d’interfaçage et d’un système d’information pour nos armoires de service HSD et nos solutions de Préparation des doses à administrer (PDA). Nos robots n’y étaient pas intégrés mais connectés directement au SIH. Installer un robot dans un établissement hospitalier est complexe. L’environnement est hétérogène, les interlocuteurs multiples et les pratiques varient. De plus, le robot n’est qu’une partie de la chaîne logistique du circuit du médicament », explique Ralph Meyer, directeur du développement de MACH4 Pharma Systems. « Forts de notre expérience en milieu hospitalier et de nos connaissances en robotisation, nous avons souhaité offrir à nos clients une solution plus adaptée aux demandes et spécificités qui offre une réelle valeur ajoutée, de la prescription à la dispensation globalisée. »

ULM est aujourd’hui une plateforme multiinterface capable de piloter tout type d’équipements, de l’armoire sécurisée jusqu’au robot de dispensation globale en passant par la PDA, quel que soit l’éditeur. « Nous nous adaptons ainsi mieux à la façon de travailler de nos clients, avec une grande souplesse et de nombreuses possibilités de personnalisation des fonctionnalités », détaille Ralph Meyer.